Le site de Madeleine et Pascal
Sergiopolis

Resafa

Une place-forte doublée d’un lieu de pélerinage
30 septembre 2010, par Madeleine, Pascal
 

Resafa apparaît, ceinte de murailles et complètement iolée, au milieu de la steppe désertique.
Cette ville fort ancienne, connue dans les annales assyriennes et dans la Bible, s’est développée aux époques romaine et byzantine.

L’ensemble monumental de la cathédrale Saint-Serge et les portiques, vus de l’intérieur de l’enceinte

Brève histoire de Resafa-Sergiopolis

Une place-forte romaine dédiée aux saints Serge et Bacchus

En l’an 256 de notre ère, les Sassanides qui menaçaient l’empire romain à l’est s’emparent du poste-frontière de Doura-Europos sur le moyen Euphrate. Pour rétablir ses défenses, l’empereur Dioclétien restaure la piste reliant Damas et l’Euphrate en passant par Palmyre. Il décide aussi d’établir une dernière place-forte face au territoire perse : Resafa.

En 305, deux officiers romains, Serge et Bacchus, en poste sur les marches de l’empire, refusent de sacrifier à Jupiter. Ils sont transférés à Resafa pour y subir le martyre. La chapelle érigée sur les lieux de leur supplice deviendra un lieu de pélerinage très important dans la chrétienté orientale, connu sous le nom de Sergiopolis.

Les murailles byzantines de Justinien

Au VIe siècle, l’empereur Justinien entoure la ville d’une enceinte rectangulaire percée de quatre portes. Les murs, épais de trois mètres, sont renforcés par une cinquantaine de tours carrées. L’église des Saints-Martyrs et la basiique de la Sainte-Croix devenue cathédrale Saint-Serge sont construites à cette époque.

Le déclin et l’oubli

La ville est prise par les Sassanides en 616, puis, rapidement, par les Arabes, lors de la conquête. Elle sera habitée jusqu’à la prise par les Mongols au XIIIe siècle, à la suite de quoi le sultan Baybars déportera tous les habitants à Hama.

Visite du site

La porte nord

Cette porte était défendue par un bastion avancé protégeant le passage. Sa décoration, constituée d’arcades, de bandeaux sculptés et de chapiteaux fleuris, est particulièrement délicate.

  • La porte nord, vue de l’extérieur de l’enceinte
  • Décoration de la porte nord, du côté intérieur
  • Chapiteau et arcade
  • Détail d’un chapiteau

La muraille

L’enceinte mesure 500 mètres sur 400. Elle est considérée comme un chef d"œuvre de l’art militaire byzantin. Outre les cinquante tours carrées qui la défendent, elle est renforcée, aux quatre coins par des tours rondes monumentales.

  • La muraille, vue de l’extérieur de l’enceinte
  • Du côté intérieur, un portique longe la muraille (...)
  • Vue de la muraille d’enceinte depuis une tour (...)
  • La muraille, côté intérieur, et l’ensemble (...)

L’église des Saints-Martyrs

L"église est un édifice circulaire inscrit dans un carré. Le chevet est constitué d’une abside en cul-de-four percée de trois arcades et entourée de deux chapelles latérales carrées. La construction est en gypse mais la décoration est assez modeste.

  • Vue d’ensemble de l’église des Saints-Martyrs
  • L’abside en cul de four
  • Le gypse
  • Les tremblements de terre ont ébranlé l’édifice

La cathédrale Saint-Serge

L’église est constituée d’une nef et de deux collatéraux. L’utilisation de piliers à la place des colonnes permit de lui donner une hauteur impressionnante. Le centre de la nef est occupé par un bêma monumental.

  • Vue d’ensemble du complexe de la cathédrale
  • La nef et les deux collatéraux séparés par des (...)
    Le mot bêma désigne en grec le sanctuaire. Il (...)
  • Les arcades

  • Trompes
  • Chapiteau
  • Chapiteau
  • Chrisme de gypse

Les citernes

Le maintien d’une garnison dans une ville de pélerinage située en plein désert supposait l’existence de citernes très importantes. Par leur aspect monumental, les citernes de Resafa sont comparables à celles de Constantinople. La plus grande d’entre elles pouvait contenir 15 000 m3 d’eau.

  • Citerne
  • La voûte est en tuile maçonnée
  • Échelle humaine

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Article mis à jour le 16 juillet 2018