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Le quartier arménien de la Nouvelle Djolfa

18 juin 2019, par Madeleine, Pascal

Le nom de ce quartier renvoie à celui de la ville de Djolfa, située à l’extrême nord-ouest du pays, tout près de l’actuelle frontière avec la République d’Arménie.

Des populations arméniennes originaires de Djolfa furent en effet déportées à Ispahan par Shâh Abbâs Ier, en 1603. Installés dans un quartier, à l’époque extérieur à la ville et dénommé Nouvelle Djolfa, les Arméniens bénéficièrent de la protection royale en échange de leur contribution au développement de la ville et à la décoration des monuments. Ils étaient en effet connus comme d’excellents artisans. Ils obtinrent aussi le monopole du commerce de la soie.

Arrivée dans le quartier des églises arméniennes
Arrivée dans le quartier des églises arméniennes

Le quartier compte plusieurs églises apostoliques arméniennes. L’église Sainte-Marie-de-Bethléem et la cathédrale arménienne Saint-Sauveur ou cathédrale Vânk présentent une architecture extérieure de style iranien en brique avec dôme, iwans, arcs persans…

Cependant, contrairement aux églises arméniennes dont l’intérieur est généralement non orné, les murs intérieurs sont ici couverts de peintures : ceci suggère l’influence très probable des missionnaires catholiques présents à Ispahan au moment de la construction de ces deux églises.

L’église Sainte-Marie-de-Bethléem

Partie supérieure de la façade de l’église


  • Le porche
  • Intérieur de l’église : le chœur
  • L’autel est surélevé sur une estrade au décor (...)
  • À droite du chœur, la trompe descend jusqu’au (...)
  • Vue dans la direction perpendiculaire à l’axe (...)
  • La coupole et le tambour
  • Zoom sur la coupole
  • Des séraphins sur les trompes
  • Décor de la partie haute


  • Décor d’un pilier
  • Détail d’un pilier : le baptême du Christ
  • Scènes de la vie des saints
  • L’enfer
  • La Cène


Partie inférieure des murs à décor persan

La cathédrale arménienne Saint-Sauveur ou cathédrale Vânk

La cathédrale et son clocher séparé

La cathédrale, dédiée au Sauveur, a été construite entre 1655 et 1664. Le nom Vânk qui signifie monastère en arménien rappelle qu’elle faisait partie d’un ensemble monastique.

  • La tour de l’horloge, derrière un mur d’enceinte
  • Au tympan du portail, une image de la cathédrale
  • Au premier plan, un bâtiment annexe : à (...)
  • Dans un iwan, une collection de cloches

  • Entrée dans la cathédrale
  • Une église sous coupole
  • Décor du chœur
  • Sur la contrefaçade, un Jugement dernier
  • Séraphins sur les trompes
  • Base des murs en carreaux de céramique de (...)
  • L’autel sur une estrade de style persan

Le musée ethnographique arménien

Datés du XVIIe au XXe siècles, les objets présentés illustrent le mode de vie de la communauté arménienne, ses traditions et certains des savoir-faire artisanaux des artisans arméniens.

  • Tapis portant une mention en alphabet arménien
  • Ornements sacerdotaux arméniens
  • Encensoir en argent
  • Vêtements arméniens
  • Tampon pour l’impression des tissus : cavaliers


Tissu imprimé d’un séraphin

Le musée d’histoire arménienne

La partie la plus intéressante de ce musée concerne les travaux de la communauté arménienne autour de l’édition de livres aux diverses époques. L’activité des copistes et miniaturistes arméniens s’illustre dans une belle collection d’évangéliaires et autres ouvrages religieux.

Publication du premier livre imprimé
Publication du premier livre imprimé

Kachatour Kesaratsi tient un caractère d’imprimerie ; il est appuyé sur une stèle où est gravée une presse à imprimer
Kachatour Kesaratsi tient un caractère d’imprimerie ; il est appuyé sur une stèle où est gravée une presse à imprimer

Les Arméniens d’Ispahan furent par ailleurs les fondateurs de la première imprimerie du Moyen-Orient.

En effet, le voyageur Tavernier raconte qu’un menuisier arménien de la Nouvelle Djolfa ramena d’Europe en 1641 une imprimerie à l’aide de laquelle il publia des épîtres, des prières et des incantations.

La presse à imprimer
La presse à imprimer

Cependant, dès 1636, un livre avait été imprimé à Ispahan : les caractères avaient été fabriqués avec l’aide de l’archevêque arménien Khachatour Kesaratsi.

L’imprimerie de l’église Vânk fonctionna pendant 330 ans et outre les calendriers et les rapports publiés à l’intention des instituts religieux, elle compte à son actif environ 263 ouvrages édités grâce aux efforts des archevêques arméniens.

Dans une cour, un gnomon


Article mis à jour le lundi 5 août 2019