Le site de Madeleine et Pascal
Ras Shamra

Ougarit

Une riche cité commerçante du deuxième millénaire
4 août 2010, par Madeleine, Pascal

L’ancienne Ougarit occupe le site d’un tell, dénommé aujourd’hui Ras Shamra, La colline au fenouil, qui fut habité dès le VIIIe millénaire. La richesse de la campagne environnante et une situation idéale, à une dizaine de kilomètres au nord de l’actuelle Lattaquié et à proximité de l’anse de Minet el-Beida, favorisèrent son développement.

Son plus grand rayonnement date du second millénaire, époque où la ville, capitale d’un petit royaume, commerça avec les marchands de la Méditerranée orientale (Hittites, Égyptiens, Chypriotes, Mycéniens, Mésopotamiens) et où elle se dota d’un palais qui fut visité par le roi de Mari.

L’histoire de la ville est connue par ses tablettes notées en cinq écritures, correspondant à huit langues : elles témoignent de la diversité des peuples qui commerçaient à Ougarit. L’écriture ougaritique consonantique apparaît comme une transition entre les écritures de la Mésopotamie et l’alphabet grec. Elle fut parmi les premières formes simplifiées de notation, réduisant le nombre de signes et permettant un apprentissage aisé de l’écriture. Cette innovation sera complétée à Byblos trois siècles plus tard par l’abandon de l’écriture cunéiforme et l’adoption de l’écriture phénicienne. Les Phéniciens popularisèrent l’alphabet et adaptèrent l’écriture au papyrus qui remplaça alors les tablettes d’argile.

La ville d’Ougarit sera quasiment abandonnée après le débarquement destructeur des Peuples de la mer vers 1100 av. J.-C. Le centre de la région se déplacera alors vers Laodicée (Lattaquié).

Un palais et des fortifications

Le palais royal est très vaste et plus de cent pièces y ont été identifiées. Ce secteur, bien individualisé du reste de la cité, dispose de son propre accès fortifié depuis l’extérieur.

La poterne et la maçonnerie des fortifications

La construction en glacis évoque les fortifications hittites qu’on peut voir sur le site de Hattuşa près de Boğazköy en Anatolie centrale.

  • Un pilier de l’enceinte du palais royal
  • La place et, à gauche, la porte d’entrée du (...)
  • La cour du palais royal

La ville

La ville est extrêmement étendue et seule une partie a été mise au jour.

  • Autour d’un temple
  • À travers les rues de la ville
  • Un grand édifice, en bordure d’une large (...)
  • Vue d’ensemble d’un quartier de la ville

Le travail de la pierre

Les vestiges de la ville laissent apparaître de nombreux objets usuels réalisés en pierre.

  • Une ancre de bateau
  • Une citerne
  • Un égout
  • Une jarre de pierre

Les tombes souterraines

Le site comporte un certain nombre de tombes édifiées sous les maisons. Parmi elles, la maison d’Ourtenou incluait un dépôt d’archives qui a livré les tablettes de plus de 500 textes.

  • Un hypogée apparaît sous une maison
  • Un escalier donne accès à la tombe d’Ourtenou
  • Maçonnerie de la voûte en encorbellement dans (...)

Ougarit au Louvre

La richesse de la ville s’illustre en particulier par une très belle collection d’objets de style international, exposée au Louvre. La stèle de Baal au foudre peut être rapprochée d’une stèle figurant au musée archéologique d’Alep.

  • Stèle du "Baal au foudre"
    Statue en calcaire du XVe-XIIIe siècle, (...)
  • La métallurgie à Ougarit
    De nombreuses habitations et certaines tombes (...)
  • Boîte à fard à couvercle pivotant en ivoire (...)
  • L’albâtre à Ougarit
    Parmi les objets de luxe trouvés à Ougarit les (...)
  • Coupe hémisphérique à décor de glyphes égyptiens

Retour à la carte de Syrie


Article mis à jour le 10 juillet 2021