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Le monastère de Novodievitchi à Moscou

Un couvent de femmes lié à l’histoire de la Russie

18 décembre 2017, par Madeleine, Pascal

Protégé par un mur et douze tours de guet, le monastère de Novodievitchi est un couvent de religieuses fondé en 1524 par le grand prince de Moscou Vassili III, pour célébrer la reconquête de Smolensk sur les Lituaniens. À l’intérieur du monastère, seule la cathédrale Notre-Dame de Smolensk date de cette époque de fondation. Tous les autres édifices sont postérieurs et de style baroque russe ou Narychkine en vogue à la fin du XVIIe siècle.

Plan d’ensemble du monastère de Novodievitchi
Plan d’ensemble du monastère de Novodievitchi

Le "Nouveau couvent des jeunes filles", à la fois monastère et place forte, joua un rôle important dans la défense de Moscou. En 1591, ses canons mirent en déroute les Tatars de Crimée et, en 1612, les armées du prince Dimitri Pojarski écrasèrent à cet endroit l’hetman, chef militaire de la Lituanie, allié des Polonais.

C’est par ailleurs dans la cathédrale Notre-Dame de Smolensk que Boris Godounov fut proclamé tsar, en 1598.

Enfin, Pierre le Grand fit emprisonner à Novodievitchi sa demi-sœur Sophie, ancienne régente qui avait fomenté avec l’aide des streltsy (une milice fondée par Ivan le Terrible) un complot destiné à renverser le tsar. Les streltsy furent d’ailleurs pendus devant ses fenêtres. Le monastère fut aussi le lieu de résidence, à la fin de sa vie, d’Eudoxie Lopoukhine, première épouse de Pierre-le-Grand répudiée en 1698 et qui avait été jusqu’en 1725 recluse au couvent de Souzdal.

Les numéros qui apparaissent dans le texte et les légendes des photos renvoient au plan du monastère, ci-contre.

Arrivée au couvent de Novodievitchi

L’entrée du monastère est dominée par une église-porche (8) de style baroque russe, l’église de la Transfiguration, achevée en 1688. La muraille est défendue par des tours crénelées de même style, cylindriques pour certaines et à base carrée pour les autres.

À travers le monastère

L’intérieur de l’église de la Dormition

La nef et, au fond, l’iconostase.

La photo ci-dessus montre la strucutre intérieure d’une église orthodoxe : les fidèles se tiennent debout dans la nef dépourvue de sièges, espace située au premier plan. La partie sacrée se trouve au fond, au-delà de l’arcade. L’espace sacré est lui-même séparé en deux par un mur d’icônes, l’iconostase, derrière lequel le prêtre se tient le plus souvent. Il n’en sort qu’à la fin de la cérémonie.

Première approche des divers types d’icônes de la Mère de Dieu

Un petit musée situé dans le corps de garde qui servit de prison à la régente Sophie (12), expose, entre autres choses, des icônes, plutôt récentes, représentant la Mère de Dieu, nom donné par l’église orthodoxe à la Vierge Marie. Elles relèvent de quelques types très codifiés depuis les origines. Le plus souvent, la figure de la Mère de Dieu tient tout entière dans la partie centrale de l’icône, mais le nimbe peut aussi déborder vers le cadre.

Odigitria, la Vierge "qui montre le chemin"

Dans cette représentation, Jésus, enfant ou adolescent, est assis sur le bras gauche de sa mère. Il bénit de la main droite et tient un livre-rouleau de la main gauche. On considère que cette représentation dérive du très ancien Christ Pantocrator.

Éléousa, la Vierge "de tendresse"

Sur ce type, qui n’apparaît pas avant le Xe siècle, la Mère de Dieu tient Jésus dans ses bras et ils échangent un baiser. Cette représentation connut un grand développement.

La Vierge Orante

Sur cette représentation, la Mère de Dieu est debout dans une pose hiératique, les bras écartés dans une position de prière connue depuis l’Ancien Testament. Le Christ est habituellement représenté dans un médaillon, sur le sein de sa mère. Dans la tradition religieuse russe, cette icône reçoit le sens et le nom de « Vierge du Signe » ou « Vierge de l’Apparition ». Elle fait référence à la médiation et à l’intercession de la Mère de Dieu auprès du Christ qui apparait (Théophanie). Le Signe est, en ce sens, l’image de l’Annonciation.

Panakhranta ou Vcemilostivaïa

"Immaculée, pure, sans péché" ou "Miséricordieuse", la Panakhranta est un type apparu au XIIe siècle, assez proche de l’Odigitria. La Mère de Dieu y est représentée siégeant sur un trône qui symbolise sa grandeur royale avec l’Enfant-Jésus sur les genoux.

Et aussi, dans le musée

À l’extérieur du monastère de Novodievitchi, un lac. Au loin, les tours de Moskva-City.


Le monastère de Novodievitchi, vu depuis la crête du mont des Moineaux


Article mis à jour le dimanche 14 janvier 2018