Le site de Madeleine et Pascal

Soissons

La cité aux sept abbayes

1er juillet 2021, par Madeleine, Pascal

Le riche patrimoine gothique de l’ancienne capitale des Francs est lié à l’histoire d’une cité qui fut, dès les origines, proche du pouvoir et du domaine royal.

L’abbaye Saint-Léger

La façade sud de l’église Saint-Léger

Dans le centre actuel de la ville, Saint-Léger est un édifice des XIIIe et XIVe siècles, anciennement siège d’une abbaye de chanoines séculiers puis réguliers. C’est aujourd’hui le musée municipal.

  • Le chevet, à gauche, et le transept nord, à (...)
  • Autour du jardin du cloître : la nef, à droite, (...)
    La vue est prise depuis la très étroite rue (...)

La cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais

La cathédrale et son unique tour, vues depuis le jardin situé autour de l’église Saint-Pierre

Le diocèse de Soissons est créé au IVe siècle et la cathédrale actuelle est la troisième : elle fait suite à une cathédrale carolingienne qui semble avoir été située au même endroit et qui avait remplacé une cathédrale primitive dont on ignore l’emplacement.

La construction de la cathédrale commença en 1176 et se poursuivit durant trois siècles. Le bras sud du transept en constitue la partie la plus ancienne. Il se termine par une abside arrondie comme l’indique le plan ci-dessous.

Plan de la cathédrale de Soissons
Source Wikipedia

En 1212, le chœur est achevé, de même que le bras nord du transept, vraisemblablement identique à l’autre.

La façade occidentale de l’édifice date du milieu du XIIIe siècle. Mais le dernier quart de ce siècle voit la reconstruction du bras nord du transept.Très différent du bras sud, tant par son élévation que par son plan, il est achevé au début du XIVe siècle par la pose de sa verrière.

L’édification de la façade occidentale et de sa tour sud est ralentie par les troubles de la Guerre de Cent Ans. Par manque de moyens, la flèche qui aurait du couronner cette tour ne sera jamais construite, pas plus qu’une deuxième tour qui aurait du dominer le côté nord de la façade.

Le jour de notre visite, la façade de la cathédrale était entièrement masquée par des échafaudages et des palissades d’où émergeait seulement le haut de l’unique tour.

Le chevet et les deux transepts

L’intérieur

La nef est précédée d’un narthex

  • Les voûtes de la nef
  • Le chœur
  • Un vitrail moderne

Le transept sud et son déambulatoire

Le transept sud date de la fin du XIIIe siècle, et il est considéré comme un chef-d’œuvre du premier âge gothique.

  • Les quatre niveaux du transept sud
  • Le transept nord
  • La verrière du transept nord date du début du (...)

  • Les verrières du chœur
  • L’adoration de mages - Rubens

"Souviens-toi du vase de Soissons"

En 1914, avant la déclaration de guerre, la mairie avait prévu la construction d’un monument évoquant l’histoire de la ville. Le monument fut édifié, à l’issue du conflit, au chevet de la cathédrale et il fut également dédié aux morts de la Grande Guerre.

À sa base, un bas-relief de Raoul Lamourdedieu (1877-1953) rappelle l’histoire légendaire du Vase de Soissons (486).

Évocation de la légende du Vase de Soissons (486) sur le monument aux morts

On y voit, à gauche, l’armée des Francs, et, à droite, Clovis. Tous sont casqués, moustachus et certains portent même de longues tresses. L’armée doit se partager le butin acquis lors de la victoire sur la garnison romaine d’Augusta Suessionum, nom gallo-romain de Soissons. L’un des guerriers francs souhaite obtenir un vase très estimé, convoité par Clovis.

Devant le refus du roi, le guerrier brandit sa hache au-dessus du vase et le brise. Clovis se souviendra de cet affront lorsqu’il passera son armée en revue quelque temps plus tard : le guerrier aura le crâne fracassé par le roi.

À proximité se trouve l’église romane Saint-Pierre-au-parvis.

Le portail de l’ancienne église romane Saint-Pierre-au-parvis

Autour de l’an 660, un maire du palais des rois mérovingiens avait fondé l’abbaye Notre-Dame de Soissons. Elle possédait quatre églises dont l’église Saint-Pierre qui était celle de chanoines réguliers chargés d’administrer l’abbaye.

L’église Saint-Pierre fut sécularisée sous Charles II le Chauve et devint celle d’un chapitre collégial qui resta toujours sous la dépendance de l’abbesse de Notre-Dame de Soissons. Le chapitre fut supprimé en 1790 et la collégiale Saint-Pierre transformée par en église paroissiale après avoir été rendue au culte.

L’abbaye Saint-Jean-des-Vignes

L’église abbatiale de Saint-Jean-des-Vignes

Située un peu à l’écart de la ville, Saint-Jean-des-Vignes était la plus vaste des sept abbayes que compta Soissons au Moyen âge.

Elle fut fondée au XIe siècle par un seigneur local qui ajouta des terres plantées de vignes au terrain dédié au monastère proprement dit, d’où le nom de l’abbaye.

C’était une abbaye de chanoines réguliers, suivant la règle de saint Augustin. Au nombre de 90, ils étaient accompagnés d’une trentaine de frères convers et de quelques sœurs couturières.

Ils soignaient par les plantes divers maux et maladies, ce qui explique l’abondance de la décoration florale de l’abbaye.

L’abbaye possédait par ailleurs de nombreuses fermes.

Les vestiges actuels sont ceux d’une reconstruction entreprise à la fin du XIIIe siècle qui se termina deux siècles plus tard par la consécration de l’abbatiale en 1478.

À la Révolution, les chanoines furent chassés et les matériaux de l’abbatiale exploités pour des constructions civiles, ce qui explique l’état actuel de l’édifice.

  • Les trois porches
  • Détail du décor festonné du porche central
  • Les tours cantonnées de tourelles et surmontées
  • À droite de l’abbatiale, le bâtiment du (...)

  • Le cellier
  • Le réfectoire
  • Adossée au réfectoire, l’aile occidentale du (...)
  • Sous la galerie occidentale du grand cloître
  • Le petit cloître fut édifié dans la seconde (...)
    Si les baies sont résolument gothiques, le (...)


Article mis à jour le vendredi 9 juillet 2021